Si l'enfance...
Pour quelques-uns, l'enfance est un continent perdu, oublié à jamais. Pour certains, un univers clos où subsistent ici et là quelques images. D'autres enfin, sans éprouver de la nostalgie, gardent en eux des souvenirs... Une mémoire vive de ce qui constitue le ciment de notre existence : l'enfance. Cette enfance, puis adolescence, qui nous rappelle que " pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient".
Ce nouveau " Si l'enfance", émouvant et tendre, nous transporte de l'autre côté de la belle méditerranée, en direction d'un pays tout aussi beau, la Tunisie.
Un "Si l'enfance" comme le reflet d'une Tunisie enchantée, sublimée, à présent éloignée mais qui ne sera jamais oubliée. L' enfance y est ici, par la force des choses et le cours de l'histoire dont nous sommes les témoins, le symbole d'un déracinement. Ce destin qui ballotte l'enfant, l'adolescent ou l' adulte entre deux cultures, deux terres. Et puisque nous évoquons la Tunisie, prenons comme image l'un de ses symboles, le jasmin. Un jasmin qui croît sous une autre l'attitude mais dont les racines resteront à jamais encrées dans son pays natal.
Un joli "Si l'enfance" que nous devons à Madame Michèle Fitoussi.
Ce qui est saisissant chez Michèle Fitoussi, c'est son regard. Un regard qui retranscrit une si grande douceur. Plus encore, c'est l'attention toute particulière qu'elle vous porte. Une qualité bien rare de nos jours... Elle regarde, écoute, avec la curiosité de celles et ceux pour qui la vie est synonyme de rencontres et d'expériences, sans oublier de partages.
A travers le célèbre magazine Elle, elle nous offre des témoignages, des joies ou des cris de révolte de femmes d'ici et d'ailleurs. Toujours pour la presse, elle collabore avec le TELEGRAMME, un quotidien brestois où elle tient la rubrique " Portraits de femmes".
Journaliste, elle est aussi auteur(e).
Une écriture sensible, vibrante sans oublier pleine d'humour. C'est le cas avec son premier livre, écrit en 1987, " Le Ras de bol des Superwomen" (Calmann-Lévy). La wonder woman Michèle Fitoussi y évoque les longues journées de ces femmes qui combinent activités professionnelles et familiales. Au sujet de la famille, elle publiera en 1991 " Lettres à mon fils" (Calmann-Lévy), un livre de réflexion sur l'éducation des petits garçons.
Témoin de son siècle, elle s'intéresse à la vie d'autres femmes comme en témoignage deux de ses livres. Avec Malika Oufkir, elle écrira " La Prisonnière" (chez Grasset en 1999), un livre retraçant la vie de la famille Oufkir sous le Maroc du roi Hassan II. Un livre comme un témoignage sur une part de l'histoire marocaine. Dans son tout dernier livre, changement de genre mais portrait aussi d'une femme, Helena Rubinstein, avec "Helena Rubinstein, la femme qui inventa la beauté" ( Grasset).
Michèle Fitoussi y retrace la vie de celle qui naquit à Cracovie en Pologne. Une petite femme au caractère bien trempé et qui construisit avec conviction et ténacité un empire. Infatigable, elle continua jusqu'à l'âge de 93 ans à travailler. Une femme admirée autant que jalousée et dont sa plus grande rivale fut une autre femme de tête : Elisabeth Arden.
Dans ses collaborations, notons en 2005 avec Marie-Françoise Colombani, " ELLE, Une histoire des femmes" ( Hachette Filipacchi) ou sa participation à un ouvrage collectif "Naissances" ( L'iconoclaste) avec notamment Marie Darrieussecq. Elle est aussi l'une des initiatrices pour le magazine ELLE des " États Généraux de la Femme" en 2010.
On lui doit l'adaptation théâtrale de "Très chère Mathilde", diffusée récemment sur France 2. Une adaptation de "My Old lady" d'Israël Horovitz avec Line Renaud, Raphaëlline Goupillot et Samuel Labarthe. Et si elle travaille à une nouvelle adaptation, celle de la pièce d'Eve Ensler, " The good body"/" Un Corps Parfait" ( Denoël, 2007), notons que côté cinématographique, son livre "Le dernier qui part ferme la maison" est en cours de réalisation et que "Victor", adapté par Lisa Azuelos et Thomas Gilou, avec Pierre Richard, Lambert Wilson, Clémentine Célarié, Antoine Duléry, Sara Forestier, est sorti en septembre 2009.
Je tiens à remercier très chaleureusement Madame Fitoussi pour ce " Si l'enfance".
Pour vous, si l’enfance est ou était :
UN PARFUM
"
La Fleur d’oranger"
UN OBJET
"
Des livres, depuis toujours."
UN LIEU
"
La maison de mes grands parents à Tunis"
UN SOUVENIR
"
La douche pour se débarrasser du sable de la plage avant de remonter déjeuner"
UNE GOURMANDISE
"
Un beignet au miel"
UN LIVRE
"
La case de l’Oncle Tom" (
Harriet Beecher Stowe)
UNE MÉLODIE
"
La marche turque" (
Mozart)
UNE COULEUR
"
Bleu comme la mer"
UN RÊVE
"
Secret comme tous les rêves"
ENFIN, si vous le souhaitez … QUELQUES MOTS :
" Première enfance en Tunisie, jusqu’à cinq ans, ensuite Paris et la découverte de la France, la montagne, le métro et ...la grisaille. Bons et mauvais souvenirs mêles, pas de nostalgie si ce n’est celle du temps qui passe."
(c) Potins Enfantins/Pierre Sinanian. avril 11
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